Nous sommes le 23 Avril 2013,
La dégaine de Gavroche, il se reveille en sursaut alongé sur le canapé. La vue floue due à trop de fatigue deviens de plus en plus nette, il apperçoit alors son chat, lui reniflant le nez. Il se savait fatigué, mais au point de s'endormir ainsi... Il ne comprends pas comment il a fait pour à ce point embrasser la décadence... Entre ses doigts, une feuille de papier un peu froissée sur laquelle il est inscrit ces quelques vers :
"Comme un marin quitte la terre, je ne vous regarde plus
Comme un appel à la lumière, je tourne une page de crues
Comme un enfant sans parents, de larmes je mouille mes draps
Comme un futur sans néant, je recherche les astres de la foi"
Il ris le poète incompétant qui est en lui apres avoir fixé quelques minutes le mur de ses yeux épuisés. Il décide de se lever pour aller se faire un peu de café. Son studio est un vrai bordel, un peu comme sa vie d'ailleurs. Pour marcher il faut enjamber les assietes sales empilées à même le sol dans lequelles fument des mégots de cigarettes dont les braises peinent à s'éteindre. On ne vois plus la couleur du bois de la table basse tellement les bières, les cendriers et les paquets de bonbons couvrent sa surface. Il y a une odeure indescriptible, une odeure de sexe et de tabac froid. Quelques taches de sperme sur le parquet et des dixaines de capotes usagées dans le gros sac plastique qui lui sert de poubelle, acroché à la poignée de la porte des chiottes. Alors il est là, devant la machine à café, torse nu comme à son habitude. Il s'allume une cigarette et ouvre la fenettre. Pas pour aérer non. Juste pour se donner une idée de l'heure. Au coin de la rue d'en bas, le buraliste viens d'ouvrir, il est donc environ 15h30. Parce que chez ce jeune homme à l'allure rêveuse, il n'y a pas de pendules, aucun moyen d'avoir l'heure. Il pense que c'est mieux ainsi, qu'on se sent plus libre. C'est un poète raté et il en est conscient. Autrefois il a écrit des choses pas mal mais sur Internet, le succès lui est vite monté à la tête et il n'a plus jamais dessiné les mots pareillement. Il sait tout ça. Il sait aussi que la musique lui a refermé ses portes car il ne s'est pas suffisament investi. Mais il ne vois pas sa vie autrement. Certe sa belle façon d'interpréter les mots est foutue mais sa tête à toujours les mêmes pensées. Alors il flane chez lui à tenter de retrouver une inspiration qu'il ne retrouvera jamais. Vivant de petits boulots ininteressants pour pouvoir payer le loyer chaque mois...
Nous sommes le 23 Avril 2013.
Il s'appelle Benjamin, il a 26 ans. Ses rêves l'on bouffé, sa vie est foutue. Stop.